Grand prix de l’humour noir 1990- pascal@pascalsamain.be

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LE SOIR, 4 novembre 2003

samedi 27 décembre 2003, par Pascal Samain

Pascal Samain, fils de Queneau
04 novembre 2003 - Le Soir

Lancé sur la voie tracée par le métro de Queneau, l’écrivain montois s’inspire du quotidien. Et ses mots s’impriment sur les feuilles des éditions du Cerisier.

CLAIRE BORTOLIN

Il y eut en 1990 « Les Trous de la rue Lartoil », narrant les tribulations dignes d’un petit frère de la célèbre Zazie. Pascal Samain, comme tout écrivain en quête de lectorat, avait « osé » se tourner vers Paris. Julliard avait réagi, l’avait publié et il avait même reçu le prix de l’humour noir Xavier Forneret.

Beaux débuts, pourrait-on dire, pour un Montois dont le travail quotidien est d’assurer la permanence téléphonique à Bruxelles assistance, la structure de soins à domicile des Mutualités Chrétiennes. Mais Pascal Samain sort de cette première expérience plutôt déçu : une grande maison, c’est bien, mais si la promo ne suit pas, le livre ne se lit pas... Cela ne s’est pas passé comme je l’avais imaginé. J’ai arrêté d’écrire...

Pourtant, ici, des gens croient en lui, le poussent à continuer. Parmi eux, Jean Delval, dont les éditions du Cerisier, à Cuesmes, publient depuis des années des textes hors du commun. Je n’aurais jamais pensé à eux. Ils publient plus des textes sociaux ou engagés, en marge du business habituel ; moi, je suis plus littéraire. Mais quand j’ai eu l’idée de « L’indicateur du chemin de fer », je l’ai présenté à des tas de maisons d’édition à Paris, et personne n’a réagi. Au Cerisier, ils croyaient en moi.

Cette chronique d’un type qui prend le train tous les jours pour aller travailler et note ses réflexions sur son un petit cahier, c’est de la sociologie racontée, estime Jean Delval. Pour moi, c’était aussi le livre de la renaissance : je recommençais à écrire, se souvient Samain.

C’était en 2001, et deux ans plus tard, il sort, à la même maison d’édition, « Des filles invincibles - contes berbelges », un manuscrit qu’il a écrit en 1993, mais qu’il avait laissé reposer au fond d’un tiroir. Sous la forme envoûtante et légère des contes des Mille et Une Nuits, transportant ses lecteurs de la mer des Lubies au quartier des Etangs Noirs, puisant dans la riche bibliothèque de la littérature arabo-musulmane, l’écrivain montois aborde pourtant un sujet de société d’une grande actualité : la difficulté qu’ont les gens de communautés différentes de vivre ensemble, de se comprendre. Coloquintes et courgettes ont pourtant la même fleur... C’est du vécu, cela se sent : Pascal Samain a beaucoup puisé dans l’expérience belge de sa compagne de l’époque, d’origine berbère (la mère de son fils) et dans leur tranche de vie commune. Entre un Européen et une Berbère, il y a bien sûr des ponts qu’on peut jeter, explique-t-il, mais à partir d’un certain moment, il y a des gouffres, aussi...

Pascal Samain parvient par la poésie et l’imaginaire à dépasser sa propre réalité pour transporter le lecteur vers un voyage intérieur inattendu... En jouant avec les mots, y compris dans leur forme calligraphique. J’aime beaucoup les livres pour enfants : il y a plus d’inventivité, on peut faire beaucoup de choses ; j’ai voulu essayer pour les adultes..., raconte celui qui revendique l’héritage de Queneau, Calvino ou Perec, qui a dévoré Laborit et a tenu pendant un an « Les grandes largeurs », une chronique d’actualité décalée, dans le Soir Magazine.

« Des filles invincibles - contes berbelges », Pascal Samain, paru aux Editions du Cerisier, qui publient également pour le moment « Reine et les étoiles », un roman de Luce Minet replongeant dans le Bruxelles de la Résistance.

« L’écriture, espace de liberté » (Pascal Samain, 45 ans, écrivain)

J’ai lu énormément quand j’étais jeune, et, un jour, j’ai su que c’était cela que je voulais faire : écrire. J’avais l’impression que je trouverais dans l’écriture un espace de liberté que jamais personne ne pourrait me contester...

Si Pascal Samain est sûr d’une chose, c’est bien de celle-là. Et même si les doutes jalonnent sa vie, comme celle, finalement, de tout créateur, il sait aujourd’hui qu’il a envie de continuer : il y a des textes, des idées qui dorment dans ses tiroirs...

Pour continuer à s’interroger, comme le Djinn conteur des « Filles invincibles » : Son histoire, c’est celle d’un homme qui se racontait des histoires à n’en plus finir dans l’espoir d’échapper à l’inévitable Histoire du monde. (Cl.B.)

 

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